En mai, fais ce qu’il te plaît… enfin, ça dépend où !

C’était prévu ; je l’avais annoncé à mes collègues il y a environ une semaine.
En « réponse », j’avais eu droit à des regards vides, incrédules. On pouvait même deviner – dans leurs yeux – de soudaines envies de suicide. Il faut dire que nous étions en pleine vague de chaleur, et ils avaient du mal à croire ce que je leur disais, à savoir qu’il allait neiger lundi matin…

Et pourtant… ce matin.

5 cm de neige bien lourde ! Autant j’étais à peu près certain qu’il allait neiger, autant je ne pensais pas en avoir autant…

À Québec, il n’est tombé que quelques flocons dans la partie nord de la ville, pas plus. C’est tout de même la première fois qu’il neige en mai à Québec depuis 1993.

On voit que les fleurs étaient sorties et les arbres commençaient à être bien verts ; eux aussi, ils devaient déjà se croire en été…

Et cet après-midi, la température n’a pas dépassé les 6,2 °C ! Petit contraste avec la semaine dernière… alors que je me baignais dans le lac.

Juste une anecdote, pour terminer : entre la première chute de neige de la « saison froide », le 12 octobre dernier, et la dernière – aujourd’hui -, il s’est écoulé sept mois !
Ce sera difficile de faire mieux, même si, ici, il peut neiger de fin septembre à début juin, de manière tout à fait exceptionnelle cela dit.

À bientôt !

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Évaluation du coût de la vie en France et au Québec : l’immobilier

Me revoilà avec ma petite étude sur le coût de la vie. Après l’introduction et les salaires, voici maintenant un des points les plus importants : l’immobilier.

Et je vous préviens, ça va être long… mais complet, je pense.

 

 

Par où commencer ? Eh bien par les prix de la location.

Je mets volontairement Paris de côté, parce que c’est un cas particulier dont les prix de l’immobilier sont complètement fous et où le Français moyen ne peut plus – ou très peu – se loger. Pour le Québec, je ne parlerai que de Montréal et Québec, là où 90 % des immigrants s’installent.

Alors au Québec, le prix du logement peut inclure le chauffage (on dit qu’il est « chauffé ») et/ou l’électricité (on dit qu’il est « éclairé »). Et que le chauffage soit inclus est une bonne chose, si vous voyez ce que je veux dire…

Pour notre part, nous n’avons loué qu’un seul appartement à Québec, d’octobre 2008 à juin 2011. Durant cette période, le loyer n’a pas été augmenté d’un centime. Nous payions 850 $ pour un « deux chambres », chauffage (au gaz) inclus, mais électricité non incluse. Ici, les logements ne sont jamais exprimés en mètres carrés, mais en nombre de pièces. Le nôtre, à vue de nez, devait faire dans les 60/70 m2.
Je précise que nous habitions un quartier dit « populaire » – Limoilou -, et dans un bloc de deux appartements seulement (un en haut ; un en bas). Nous y étions très bien d’ailleurs.

Après, comme partout dans le monde, les prix varient énormément en fonction du quartier, et de bien d’autres choses. Et ce n’est pas facile de trouver des chiffres fiables et récents, mais en voici quelques-uns qui datent de 2011 et proviennent de la SCHL :

Aujourd’hui, le prix moyen d’un appartement de deux chambres en location est d’environ 725 $, aussi bien à Québec qu’à Montréal. Ce prix n’inclut ni l’électricité, ni le chauffage, ni les diverses charges éventuelles (déneigement, parking, etc.). Et ce sont bien évidemment des moyennes pour un logement vide, et non meublé. J’ajoute que la location de maison n’est pas très répandue au Québec, même si, bien évidemment, cela existe.

Quelques informations supplémentaires concernant la location d’un logement au Québec :

- Les baux échoient toujours au 1er juillet, d’où la grande « fête » – stupide – du déménagement…

- Il n’y a pas de taxe d’habitation pour le locataire, comme en France ; celle-ci est à la charge du propriétaire.

- Il n’y a jamais d’état des lieux, aussi bien pour l’entrée que pour la sortie du logement. Avantages et inconvénients…

- Il est quasiment impossible de louer un appartement en ayant un chien (plus facile avec un chat… s’il est dégriffé). Parlez-en à tous les immigrants qui en ont fait les frais…

Je ne vois rien d’autre à ajouter en ce qui concerne la location.

 

Ensuite, intéressons-nous à l’achat de logement.

 

Beaucoup (trop) de Français veulent acheter un logement trop vite au Québec. À peine arrivés, certains voudraient déjà acheter. Et c’est une erreur… Car si l’on peut être chanceux, et tomber sur une vraie belle affaire, les écueils sont nombreux et les très grandes différences qui existent entre le mode de fonctionnement du marché québécois/canadien et du marché français invitent à la prudence.

Mais commençons avec quelques prix moyens. Ce qui est sûr, c’est que les prix ont explosé depuis quelques années. Entre 2006/2007, période à laquelle j’ai commencé à regarder les prix des maisons en vente au Québec, et aujourd’hui, les prix n’ont plus rien à voir. J’ai tendance à dire que, aujourd’hui, l’immobilier n’est pas si abordable que cela. Et pas beaucoup plus qu’en France…

La preuve :

Plus de précisions ici.

Et, par pitié, ne commencez pas à convertir les prix en euros… ça n’a aucun sens. J’ai déjà expliqué pourquoi à maintes reprises.

Dans la région de Québec, où nous avons acheté en 2011 et où je connais un peu le marché, j’ai coutume de dire que, pour une maison correcte avec un terrain d’une taille respectable, il faut aujourd’hui au moins 250 000 $… minimum. Plutôt 300 000 $ pour être tranquille et avoir du choix, et beaucoup plus pour des communes comme Lac-Beauport, Stoneham, Lac-Delage, etc. Et il n’est vraiment pas rare de voir des propriétés à plus de 500 000 $.

Une chose importante : on pourrait penser qu’au Québec, « pays des grands espaces » (je ris), les terrains sont immenses. Eh bien c’est faux. Et même en lointaine banlieue (20/30 km), les terrains ne font souvent pas plus de 500 à 800 m2, ce qui n’a rien de gigantesque. Alors en ville, n’en parlons pas…
Le nôtre fait 3 500 m2 mais je peux vous assurer qu’il y a vraiment très, très peu de maisons qui disposent de terrains aussi grands. Alors si vous souhaitez avoir un grand terrain (plus de 1 000 à 1 500 m2), vous allez beaucoup chercher… Ne pas oublier non plus qu’un grand terrain au Québec nécessite beaucoup de travail, entre le déneigement l’hiver, la tondeuse l’été, et le ramassage des feuilles en automne. Ce n’est pas pour rien que la plupart des retraités reviennent en ville, et souvent en appartement.

Comme pour la location, voici quelques informations quand on est propriétaire d’une maison ou d’un appartement au Québec :

- Il y a deux taxes à payer annuellement : la taxe municipale et la taxe scolaire. Elles varient grandement d’un logement à l’autre, toujours en fonction du prix de la maison ou de l’appartement, et de la commune de résidence. À titre d’information, nous payons 2 300 $ par an pour les deux taxes, ce qui est dans la moyenne basse. À Québec et dans certaines communes, cela monte très facilement à 3 000 $ par an.

- Quand on achète un logement, il faut s’acquitter de la taxe de Bienvenue, du nom de son inventeur. Elle se calcule très facilement, par exemple avec ce lien. Elle se situe entre 2 000 et 3 000 $ pour une maison moyenne.

- Les frais de notaire sont dérisoires, de l’ordre de 1 000 $.

- Il est fortement recommandé de faire inspecter la maison avant de l’acheter, par une personne agréée… et qui ne soit pas un proche du vendeur ou de l’agent immobilier ! En effet, les logements sont beaucoup moins bien finis qu’en France, les normes sont complètement différentes, et le climat a beaucoup d’incidence sur la durée de vie de l’habitation (son toit, sa façade, etc.). De mémoire, je crois qu’une inspection coûte autour de 500 $ (non remboursable en cas de non-achat du logement).

 

Dernier point, et non des moindres : l’accessibilité à la propriété.

 

 

Plus que les prix, qui ne sont plus aussi avantageux qu’avant (en faveur du Québec), c’est bien l’accessibilité à la propriété qui est beaucoup plus facile qu’en France.

Dans une société nord-américaine où le crédit est roi, où tout s’achète à crédit – les Québécois sont parmi les ménages les plus endettés d’Amérique du Nord (et peut-être du monde) -, et où l’on donne plus sa chance qu’en France, acheter une maison est aussi facile qu’aller faire son plein d’essence. Ou presque.

Je vais prendre notre exemple personnel, qui ne s’appliquera pas forcément à tout le monde : nous avons acheté en février 2011, pour une entrée dans notre maison en juin 2011. À l’époque, je n’étais pas encore fonctionnaire, mais je travaillais à temps plein, pour… 10 $ de l’heure (presque le salaire minimum). Madame, elle, gagnait 30 000 $ bruts annuels, ce qui est correct sans plus. Bref, nous n’avions vraiment pas de gros salaires, mais n’avions aucune dette, ce qui est ultra rare ici. « Pire » encore, nous avions des économies (mot inconnu dans le dictionnaire québécois).

Après quelques recherches parmi les prêteurs hypothécaires, dont une connaissance de notre ancien propriétaire (tout marche comme ça, ici !), on nous alloue une somme maximale de 250 000 $ ! Ce qui me paraît beaucoup trop, vu notre condition… Eh oui, j’ai la tête sur les épaules et n’ai pas la folie des grandeurs, comme beaucoup. Finalement, nous trouvons notre maison assez rapidement, et dans nos prix (210 000 $).

Et alors qu’en France il faut fournir une pile impressionnante de papiers en tous genres, voici ce que l’on a dû présenter, ici, pour acheter notre maison : notre dernière ou les trois dernières (je ne me souviens plus) fiches de paie ; nos attestations d’embauche ; nos pièces d’identité ; nos relevés de comptes. Et… c’est tout. Après, la banque vérifie notre cote de crédit (ce qui n’existe pas en France, à ma connaissance) et, comme je suis un excellent gestionnaire, elle crevait le plafond. En deux ou trois semaines, la vente était finalisée. Chose absolument impensable en France, même si je n’ai jamais été propriétaire dans mon beau pays.

 

 

Une autre différence majeure avec la France : la durée du crédit (de l’hypothèque au Québec).

Si la durée de l’amortissement est similaire (20 ou 25 ans, dans la plupart des cas), le taux, lui, n’est généralement assuré que pour une période cinq ans (ou trois). En France, si l’on achète une maison sur 25 ans, le taux sera le même de la première à la dernière année. Ici, cela n’existe pas. L’immense majorité des gens prend un taux fermé sur trois ou cinq ans, ou alors un taux variable. Comme en France, les taux sont historiquement bas, de l’ordre de 3/4 % sur cinq ans. Et donc, quand arrive l’échéance des cinq ans (par exemple), on peut renégocier notre taux avec notre banque ou… avec une autre.

Autre point important : si la mise de fonds est inférieure à 20 % du prix de la maison (c’est souvent le cas), il faut obtenir une assurance-prêt hypothécaire, ce qui fera gonfler les mensualités. De plus, et toujours si la mise de fonds est inférieure à 20 % du prix de la maison, la durée de l’hypothèque ne peut plus (depuis juillet 2012) excéder 25 ans. J’ajoute que l’on peut rembourser son prêt tous les mois, tous les quinze jours, ou toutes les semaines. En général, c’est très flexible.

Pour plus d’informations, tout est .

 

Et en France, me direz-vous ? Eh bien, étant donné que la majorité de ceux qui me lisent sont français, vivent ou ont vécu en France, je n’ai pas détaillé tous les prix de la location et de l’achat immobilier en France. De toute façon, entre des prix au mètre carré en France, et des prix au pied carré (ou au nombre de pièces) au Québec, la comparaison est difficile.

Cela dit, j’ai trouvé un lien très intéressant, qui regroupe tous les prix – à la location et à l’achat – dans toute la France. Le voici.

 

En conclusion de ce trop long article, je dirais que l’immobilier a été beaucoup plus avantageux au Québec qu’en France, mais ce temps-là est révolu… Ça, c’était il y a une dizaine d’années.

Aujourd’hui, Paris mis à part, les prix sont assez proches, quoique encore à l’avantage du Québec. Mais avec l’immobilier qui monte toujours assez vite ici, et une stagnation voire une légère baisse en France (crise oblige), le fossé risque de se rétrécir de plus en plus… Un très bon point ici, et nous l’avons vu, c’est l’accessibilité à la propriété. Mais attention, les conditions d’achat ont été resserrées depuis quelque temps, et les garanties demandées sont de plus en plus strictes.

Il faut également noter que la qualité de construction et de finition n’est pas aussi bonne au Québec qu’en France, d’une manière générale. La durée de vie d’une habitation n’est pas non plus la même, et la toiture, par exemple, est à refaire tous les 10 ou 15 ans (ce qui n’est pas la cas en France). Alors quand je vois de simples bungalows, en piètre état, à plus de 300 000 $… ça me fait un peu mal !

 

Voilà pour ce dossier sur l’immobilier. J’ai été certes un peu long, mais il fallait être complet.

Le prochain sera dédié à l’automobile et à tous les frais qui y sont associés.

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Coup de chaud remarquable ! Et… surprise !

Eh oui, encore de la météo ! Je m’excuse auprès de ceux qui en ont marre mais, en ce moment, j’ai moins le temps d’aborder des sujets de fond, et l’actualité météo mérite d’être soulignée… surtout quand on est un passionné comme moi ! Et puis, si je peux informer les gens sur le temps qu’il fait ici précisément, avec de vraies infos (et pas des « on dit » ou des idées reçues), ce n’est pas plus mal.

Mais, ne vous inquiétez pas, j’irai droit au but, ou presque.

Aujourd’hui, jeudi 8 mai (on se souvient), s’est donc achevée une vague de chaleur remarquable pour cette époque de l’année. À Québec, il faut remonter à 1999 pour retrouver un début de mois de mai aussi chaud.

Pour rappel, il y a un mois, nous vivions la première décade d’avril (du 1er au 10) la plus froide depuis 2003. Comme quoi…

À Québec (aéroport), on a dépassé les 29 °C aujourd’hui. À la station de Beauport, au bord du fleuve, on est passé d’une maximale de 30 °C hier (vent de sud-ouest) à une maximale de 18 °C cet après-midi (vent d’est). Ici plus qu’ailleurs, c’est le vent qui fait sa loi !

Et voici les relevés de ma station depuis le 1er mai :

C’est monté crescendo depuis samedi, avec une pointe à 27,8 °C aujourd’hui !

On voit aussi que, hormis cette nuit, les matins ont été frais, ce qui nous fait de belles amplitudes thermiques, souvent supérieures à 20 °C. Cela s’explique par la sécheresse de l’air, qui favorise aussi bien son réchauffement que son refroidissement. De telles amplitudes sont très rarement – ou jamais – atteintes en plein été, car l’air est trop humide.
Là, l’air est très sec depuis plusieurs jours – mon hygromètre est descendu à 17 % aujourd’hui -, et il n’a pas plu ici depuis le 25 avril ! Et encore, la dernière fois où il a plu, c’était dans la nuit du 24 au 25 avril, sinon il faut remonter au 20 avril pour retrouver une trace de pluie. Situation remarquable pour le secteur (on n’est pas à Marseille).
Du coup, les sols et la végétation sont désormais très secs, et les feux de forêt sévissent un peu partout dans l’intérieur du Québec. Surtout que les arbres verdissent à vue d’oeil, et ce bien en avance !
Heureusement, la pluie et la fraîcheur vont revenir à partir de demain et surtout ce week-end, et il va même faire très frais lundi prochain…

Et, comme promis, je suis allé mesurer la température de l’eau du lac, en fin d’après-midi. Je rappelle que le lac n’est complètement libre de glace que depuis le 2 mai au matin… soit à peine six jours ! Mais six jours de chaleur…

Résultat…

Oui, 19 °C ! Incroyable… Je précise que la mesure a été faire par un mètre de fond, à dix mètres du bord, et avec un thermomètre de précision.

Du coup…

Et en bonus…

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C’est l’été !

Eh oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, nous avons vécu une journée de plein été, un 5 mai !

Après un mois d’avril « normal » – un des rares mois à être dans les normes de saison depuis plus de trois ans -, la machine climatique s’est à nouveau emballée et, depuis le 28 avril, il fait vraiment très doux, voire chaud. La seule différence avec une journée d’été est que, en ce moment, l’air est très sec, ce qui n’arrive presque jamais après le mois de juin. On pourrait ajouter que, en plein été, le ciel est moins bleu et plus blafard, tout cela à cause de l’humidité (dans l’air) qui est beaucoup plus élevée.

À la maison, j’ai relevé une maximale de 25,9 °C, alors que Québec est montée jusqu’à 27 °C. C’est même monté à plus de 28 °C au bord du fleuve (baie de Beauport et cap Tourmente), là où, la semaine dernière, ils se gelaient (les couilles) à cause du vent d’est (11/13 °C  contre 20/23 °C ici…). Mais voilà, aujourd’hui le vent a tourné au sud-ouest et la chaleur s’est invitée jusque sur les rives du Saint-Laurent. Et cela va durer jusqu’à jeudi…

Et donc, une fois n’est pas coutume, nous sommes allés faire un tour à Québec, dans le secteur des Plaines d’Abraham. Un coin que l’on connaît bien – nous n’habitions pas loin avant -, mais où l’on ne va plus trop maintenant. Inutile de le préciser mais, avec le temps qu’il faisait, il y avait foule…

La végétation est en avance par rapport à chez nous, ce qui est bien normal…

En tout cas, quel bonheur, cette chaleur sèche !

Et malgré les températures excessivement douces que nous avons depuis presque dix jours, j’ai réussi à trouver un vilain tas de neige sale à Québec, entre les remparts, dans un coin qui est très souvent à l’ombre !

Et quel est « l’accessoire » indispensable à une telle journée, pour un Québécois ? Et en plein après-midi s’il vous plaît…

Une vue du Saint-Laurent :

Quelques cirrus pour faire joli…

Et pour définitivement vous convaincre que c’était l’été…

En tout cas, ce soir, à la maison, et depuis quelques jours déjà, les grenouilles chantent à tue-tête ; signe que la saison chaude est lancée… du moins, pour l’instant.
Jeudi ou vendredi, à la fin de cet épisode de chaleur remarquable, j’irai mesurer la température de l’eau du lac. Je rappelle que la glace a complètement disparu le 2 mai au matin. Ce sera donc à peine une semaine plus tard. Vous risquez d’être surpris par la température que je relèverai…

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Interview : Lisa à Toronto (Ontario) !

Il y a un peu plus d’un an, Lisa, l’auteur(e) de l’excellent blog « French With Benefits », m’interviewait sur mon immigration au Canada.

C’est un des très rares blogs à faire partie de mes favoris… et devinez pourquoi ?

Eh bien oui, devinez !

Aujourd’hui, à moi de lui rendre la pareille et de l’interroger à mon tour sur sa perception de l’immigration ; la sienne.

 

1- Salut Lisa ; présente-toi un peu : d’où viens-tu ? Quel âge as-tu ? Où vis-tu et depuis combien de temps ?

Lisa : Lisa, 26 ans (presque 27), de Paris (oui, c’est possible de quitter Paris et d’aller… au Canada !). Je vis à Toronto (Ontario) depuis deux ans et demi. Je n’ai jamais vécu ailleurs au Canada.

2- Pourquoi être venue vivre au Canada et à Toronto en particulier ?

Lisa : Tu veux la vraie version ou la romancée ? Je vais te servir les deux… Officiellement, nous voulions nous installer à Montréal mais, après un voyage de prospection, disons que l’on ne se voyait pas vivre au Québec. Honnêtement, ça m’aurait gonflé de parler français en permanence. Et puis mon mari travaille dans le secteur bancaire et on s’est dit (à tort, en fait !) que ce serait beaucoup plus facile de trouver un job à Toronto pour lui. Me concernant, j’ai finalement hésité pas mal entre Toronto et Vancouver (je ne voulais plus d’une grande ville), mais les possibilités d’emploi à Vancouver étaient ridicules. On est donc venus à Toronto.
Et officieusement… j’ai toujours voulu vivre aux États-Unis (mais c’est horriblement galère pour avoir un visa). Je me suis dit que passer par le Canada serait un bon tremplin. Et je le pense toujours d’ailleurs !

3- Quel visa possèdes-tu et en combien de temps l’as-tu obtenu ?

Lisa : J’ai la résidence permanente, valable cinq ans, donc jusqu’en 2015 (mais ma carte de santé est valide sept ans par exemple, ce qui est un peu ridicule !). Je l’ai obtenue en 15 mois. À l’époque (2010), croyez-le ou non, mais c’était un petit peu moins long. En moyenne, il fallait 12 mois. Sauf qu’on avait deux dossiers séparés avec mon mari – vu que nous n’étions ni mariés et que nous ne vivions pas ensemble. Bref, un peu galère !

Thierry : Je précise que c’est la carte de résident permanent qui est valable cinq ans. Le statut, lui, est valable à vie, comme son nom l’indique… pourvu que l’on puisse justifier de sa présence au Canada durant deux ans (minimum) par période de cinq ans.

4- L’installation a-t-elle été facile, au niveau administratif et organisation ?

Lisa : Oui, tout a été très facile. Nous avons obtenu permis de conduire, carte de santé et NAS (numéro d’assurance sociale) immédiatement ! Aucune complication. Il faut dire que le système est bien rôdé, vu le nombre d’immigrants en Ontario (et au Canada d’une manière générale).
Nous connaissions aussi quelques personnes sur place (via des forums), et deux se sont même portés garants pour notre appart’ ! C’était super sympa de leur part. En fait, nous passions directement par l’agence de location et, comme nous n’avions pas de boulot à l’époque, ils voulaient des garanties (ce qui paraît logique). Du coup, 15 jours après, on a pu emménager dans notre premier appart’.

5- Dans quel domaine travailles-tu, et as-tu facilement trouvé un emploi dans ta branche ?

Lisa : Je suis dans le web marketing. Je fais quelque chose de très spécialisé qui existe (enfin existait) assez peu ici. En gros, je gère tout le marketing web d’un site ou d’un blog. Ça inclut d’avoir de grosses connaissances à la fois en marketing, en contenu web et un peu de technique.
Moi, je trouve que j’ai galéré mais, en fait, au bout d’un an pile poil, je bossais à 100 % dans ma branche, alors tout est relatif. J’ai surtout fait beaucoup de boulots qui étaient disons assez peu qualifiés dans le web. Mais c’était plus ou moins dans ma branche. Finalement, après un an, j’ai trouvé dans mon domaine à 100 %, mais en français ! C’était un peu rageant mais ce fut une belle expérience…

6- Comment décrirais-tu l’ambiance de travail au Canada ?

Lisa : J’ai travaillé pour plusieurs univers différents. Globalement, les gens font croire qu’ils sont toujours hyper occupés mais ne fichent rien et ne veulent pas qu’on les dérange (j’ai un article en préparation là-dessus !). Aussi, les Canadiens bossent à deux à l’heure et trouvent ça dingue que les Français soient si rapides. Sinon, j’ai toujours connu une bonne ambiance, même si à certains endroits ça a été beaucoup plus fun qu’à d’autres ! Tout dépend du secteur d’activité. J’ai bossé à l’université, puis pour une grosse boite américaine, puis pour la télé, et maintenant je suis dans l’audit !

7- Est-ce que les différences culturelles – entre la France et le Canada – t’ont perturbée au début ? Et est-ce que tu t’y fais, avec le temps ?

Lisa : Hum… honnêtement non, mais je suis quelqu’un de très ouvert. Je détestais la mentalité française niveau horaires et le fait de bosser jusqu’à 18 h 30. Je détestais littéralement ça. Je m’emmerdais comme pas possible, d’autant plus qu’on a largement le temps de faire tout son boulot avant 17 heures. Du coup, quand je suis arrivée au Canada et que j’ai fini à 16 h 30 dans tous mes boulots, c’était le rêve. Mais vraiment ! Rien que pour ça, je ne voudrais pas retourner en France.
Au Canada, mais tout dépend des boîtes, on prend entre 30 minutes et une heure pour déjeuner. Il y a des boîtes où je déjeunais tous les « midi » avec des gens, et d’autres où je mangeais toujours seule. Encore une fois, tout dépend du domaine d’activité…

8- En quelques mots – parce qu’il y a beaucoup à dire -, quels sont, selon toi, les points positifs et négatifs de ta vie canadienne ?

Lisa : La vie à la cool ! Alors ça, j’adore ; les gens ne se prennent jamais la tête et tu finis à 16 h 30, ouiii !!! J’aime le concept des malls (grand centre commercial) mais mon mari déteste. Moi, je trouve ça vachement plus simple pour faire son shopping, car tout est à portée de main ! Aussi, je gagne beaucoup plus d’argent au Canada (plus de deux fois mon salaire en France) mais ce n’est pas valable pour tout le monde (genre mon mari !). On est aussi proches des États-Unis et moi j’adore ce pays alors… c’est un point positif !

Sinon, eh bien… Nous n’avons que deux voire trois semaines de vacances par an. Le Canada est le pays qui bénéficie du plus faible nombre de jours fériés au monde, ou presque (même les États-Unis sont mieux lotis, c’est dire). La vie est très chère à Toronto (on a plus de 3 000 $ de frais par mois avec mon mari). Le climat est dégueulasse 6 mois sur 12, les prix pour prendre l’avion sont indécents, et si tu veux bosser ailleurs qu’à Toronto, tu es très limité dans certains domaines (genre le mien). Et puis, quand même, trouver un bon boulot, c’est vraiment pas fastoche…

9- Et le climat, tu l’aimes ?

Lisa : Bouarf… Inutile de t’en parler. Je D.É.T.E.S.T.E. À part les étés qui sont super chauds, mais c’est spécial à moi. Je rêve de vivre dans le Nevada, alors bon…

10- Ta vie au quotidien te convient-elle ? Et est-elle plus rythmée/agréable qu’en France ?

Lisa : Oui, ça me convient parfaitement ! J’ai le temps d’aller à la salle de sport (en France, je n’y allais pas avant 19 h 30), de bosser des cours le soir, de regarder des séries, cusiner un bon petit plat, et je peux même faire du shopping, vu que je finis à 16 h 30. Plus rythmée qu’en France, oui, mais parce que j’ai aussi plus de temps !

11- Est-ce que la France te manque, ou du moins certains de ses aspects ? Te vois-tu rentrer un jour au bercail ?

Lisa : Non, la France ne me manque pas, à part ma famille bien sûr. Mais je suis quelqu’un de très solitaire alors tu sais, tout le reste je m’en fiche ! Mais bon, c’est sûr que j’aimerais avoir un parent ici… D’ailleurs, j’essaie de convaincre mon frère et ma sœur de me rejoindre, mais bon… Pour le moment, c’est pas fait !
Non, je ne me vois pas rentrer… À la lecture de cette interview, je pense que les lecteurs comprendront pourquoi.

12- Où te vois-tu dans… disons six mois ? Et dans deux ans ?

Lisa : États-Unis et États-Unis. Mais c’est spécial à moi. D’ailleurs, si je peux, je crois que j’y serai même encore dans dix ans. T’as vu, il n’y aucun Canada à l’horizon ! On s’était dit qu’on ferait trois ans au Canada et ce sera le cas dans six mois ; il est temps de passer à autre chose.

13- Pour finir, peux-tu nous faire un rapide bilan de tes trois ans à Toronto ?

Lisa : Je ne dirais pas que le Canada est un pays que j’adore pour plein de raisons (climat et opportunités d’emploi principalement), mais c’est un bon tremplin pour faire autre chose après. Bon, quand je parle de tremplin, c’est surtout si vous souhaitez vivre ensuite dans un pays anglophone, sinon je ne vois pas trop l’intérêt de venir ici, honnêtement, sauf si vous voulez y rester toute votre vie ou que le Canada est votre rêve.
En trois ans, j’ai appris à travailler en milieu nord-américain, j’ai bossé dans ma branche et j’ai continué à améliorer mon anglais. Donc, rien que pour ça, ça vaut le coup, de mon point de vue. Mais je suis venue dans l’idée de travailler ici pour améliorer mon CV. Chacun voit midi à sa porte.

14- Un conseil à donner aux futurs candidats à l’immigration ?

Lisa : Oui. Le Canada n’est pas un pays où il est si facile d’immigrer, comme on l’entend partout. En fait, c’est très dur à plein de niveaux. Il y en a plein qui repartent avant un an, sans parler de ceux qui ne restent pas plus de trois ans, etc. Il n’y a pas d’eldorado ici mais on peut quand même avoir une belle vie si l’on est très bosseur et que l’on en veut. Mais honnêtement, il est probable qu’en France ce soit la même chose. On n’a rien sans rien. Si vous voulez faire fortune au Canada, dans bien des cas il faudra que vous soyez très diplomé ou avec plein d’expérience, car la concurrence est très rude !

 

Eh bien merci, Lisa. On te souhaite bonne chance pour la suite et on se revoit au pays de l’oncle Sam ?

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