Retour en France : les impressions

Bon… je crois qu’il est temps. Temps, plus de trois mois et demi après notre retour au Québec, d’écrire quelque chose sur la France et les impressions qu’elle m’a laissé après ces trois semaines de vacances. Oh, ce n’est pas que je n’avais rien à dire – loin de là -, mais plutôt que je n’ai pas pris le temps de le faire plus tôt. Et le temps, c’est une chose qui se perd. J’aurai d’ailleurs l’occasion de parler de moult sujets dans un avenir que j’espère proche ; mais ça, cela dépendra de plusieurs choses, à commencer par la motivation qui m’habitera… Mais j’ai assez de choses dans la tête pour écrire cent pages.

 

 

Mais revenons à nos moutons : les impressions du retour en France. Le pays qui m’a vu naître et où j’ai grandi. Le seul pays qui restera le mien, et ce quoi qu’il arrive. Sur ce point, j’ai un article en tête qui viendra d’ici quelques semaines… Bien dans l’air du temps.

 

Dès le trajet qui m’a conduit de l’aéroport de Toulouse à la résidence familiale, deux sentiments bien différents se sont mélangés dans ma tête.

Le premier, c’est l’impression d’être d’abord et avant tout chez moi. Même après trois ans d’absence – notre dernier séjour en France datait d’octobre 2011 -, je me suis tout de suite senti chez moi, du premier au dernier jour de ces merveilleuses vacances. Et certainement pas en terre étrangère, contrairement à d’autres immigrants. Tout du moins, c’est ce que ces derniers veulent faire croire ! Moi, bien au contraire, j’ai retrouvé la ville de mon enfance, ses petites rues, ses briques roses, et tout ce que j’aime en elle. Comme si je ne l’avais jamais quittée. J’ai retrouvé la France que j’aime : ses petits villages, ses vieilles pierres, ses petites routes tortueuses, ses églises, son architecture, sa gastronomie, ses paysages si diversifiés, ses montagnes, ses habitants, sa culture, son art de vivre, etc. En clair, la « France des Racines et des Ailes »…

 

 

Le second, qui vient quelque peu altérer cet enthousiasme, c’est le sentiment de certes avoir retrouvé ma ville, ma région et mon pays, mais également d’avoir vu et constaté qu’ils ont changé, et pas forcément en bien… Même si je le savais et que ce n’est pas nouveau. Cela n’empêche pas le choc.

 

La première chose qui m’a frappé (vraiment), toujours en sortant de l’aéroport, c’est le manque d’entretien au bord des autoroutes et voies rapides. Une vraie jungle. Je n’avais jamais vu ça. On voit le résultat de la récente privatisation. Oh, ce n’est pas bien grave ; mais ce sont ces petites choses qui, mises bout à bout, font que la France d’aujourd’hui ne ressemble plus à celle d’hier, et encore moins à celle d’avant-hier…

Mais pour être tout à fait honnête, j’avoue avoir été agréablement surpris par ce que j’ai vu, notamment au cours de notre première semaine dans le Var, un département que j’aime tant. La France que j’aime. Les petits villages provençaux, avec la place du village et son bistrot, la vieille église, les vieux qui boivent le jaune sur un banc, les gamins qui jouent au foot ; bref, la vraie France. Sur la route, entre Aubagne et Barjols ou entre Signes et Quinson, le soleil – timide cet été – chauffe l’habitacle de la voiture, les cigales s’époumonent tant qu’elles peuvent, l’herbe des bas-côtés n’est pas vraiment jaune et cramée (norme provençale en été), les paysages changent à chaque virage, la Sainte-Victoire me fait un clin d’oeil, et la Sainte-Baume me tend les bras. La « France des Racines et des Ailes », vous dis-je…

Le problème, c’est que si elle existe toujours, elle est en voie de disparition.

 

 

Le retour à Toulouse fut un petit choc. Là, je parle du centre-ville, que j’ai brièvement parcouru à pied. Comble de l’ironie, je n’y suis allé qu’une seule fois durant ces vacances… Question d’emploi du temps (surchargé). Mais tout de même, c’est ma ville de coeur ; j’aurais pu faire un effort.

Oui, avoir (enfin) une partie du centre-ville dédiée aux piétons, c’est bien. Traverser la rue d’Alsace-Lorraine sans avoir à zigzaguer entre les Renault 5 et les Citroën Axel, c’est cool. Revoir ma chère place du Capitole et ses arcades, cela me fait toujours du bien ; c’est chez moi. Et puis il y a les autres, places : Saint-Georges, les Carmes, Wilson, la Trinité, etc. Des lieux bien authentiques, tout comme les rues historiques de la ville, pas encore trop défigurées par la mondialisation sauvage (pléonasme ?). C’est le Toulouse que j’aime : ses vieilles pierres, ses briques roses, ses bâtiments plusieurs fois centenaires, sa Garonne, ses quais, ses vieux platanes parfois noyés jusqu’aux pieds, ses petits bistrots, ses rues minuscules où même une Fiat 500 (les vieilles…) passerait à peine, son vent d’Autan, sa chaleur écrasante en été, sa Prairie des Filtres, ses coteaux de Pech-David, la Ramée, et tant d’autres choses…

 

 

Le problème, c’est qu’il existe un « autre » Toulouse, moins sexy. Et de moins en moins. J’ai vu cette ville évoluer et changer énormément en plus de 20 ans (avant, les souvenirs sont un peu flous). Une ville qui devient une mégapole – à l’échelle de la France, hein. Les embouteillages monstrueux, partout et (presque) tout le temps. Un paysage et un patrimoine défigurés par les excès du capitalisme, de la pollution publicitaire aux façades trop modernes pour s’intégrer dans la brique toulousaine. Les commerces « exotiques » qui remplacent nos boucheries, boulangeries et épiciers traditionnels. Du béton, du béton et encore du béton. Une population qui se trouve être de moins en moins française, de moins en moins latine, et de plus en plus étrangère. Cet été, le Soleil – pas très vaillant en France – n’était pas le seul à être voilé…

Ce constat, on pourrait l’appliquer à toutes les villes de France, qu’elles soient petites ou grandes. Quand je vois ce qu’est devenu mon petit village (certes situé en banlieue immédiate de la ville de Toulouse) en l’espace de seulement 15 ou 20 ans, ça me fait de la peine. Où sont les champs dans lesquels je gambadais étant enfant et adolescent ? L’urbanisation et l’expansion démographique sans limites ont fait leur œuvre… Quand on y réfléchit deux minutes, c’est allé à une vitesse ! On en revient encore à cette donnée sur laquelle l’Homme n’a pas de prise (et heureusement !), et peut-être est-ce même la seule : le temps.

 

Oui, la France a bien changé en 20 ans. Elle a même changé depuis que nous en sommes partis, en 2008. Mais elle a encore plus changé en 30, 40 ou 50 ans. Et de mon point de vue, pas en bien. Toujours selon moi, les seuls territoires qui trouvent grâce à mes yeux aujourd’hui se trouvent en campagne (et encore, pas partout !) et en montagne, notamment dans mes chères Pyrénées. Là-bas, subsiste encore ce que l’on pourrait appeler la « vieille France », avec ses valeurs ancestrales, ses terroirs, sa gastronomie, ses petits villages, et tout ce qui a fait que la France est (était ?) un des plus beaux pays au monde, sinon le plus beau…

En tout cas, ce retour aux sources fut à la fois un enchantement et une déception. Quoique l’on n’a pas à être déçu lorsque l’on sait à quoi s’attendre… ce qui était mon cas. Alors je dirais plutôt un désenchantement, comme le chantait Mylène Farmer en son temps…

Dans un prochain article, je reviendrai là-dessus plus en profondeur, et sans langue de bois, comme d’habitude. Quand, je ne sais pas. Comme déjà dit, cela dépendra de ma motivation…

 

 

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Montpelier, Vermont (États-Unis)

Lundi, dernier jour dans le Vermont, avec un petit passage à Montpelier (avec un seul « l », contrairement à son homonyme français) qui, avec moins de 8 000 habitants, est la plus petite capitale d’État du pays. Une jolie petite ville.

 

 

La State House, sorte de préfecture :

 

 

On sait et l’on voit que nous sommes bien en Nouvelle-Angleterre ; l’architecture des bâtiments rappelle vraiment l’Angleterre.
À cause de la lumière défavorable, et d’un ciel blanchâtre, le rendu des photos n’est pas terrible…

 

 

Il est midi ; on file vers le nord en s’arrêtant – comme d’habitude – chez quelques antiquaires, dégotant quelques babioles, puis il est déjà temps de rentrer. On expérimentera un nouveau poste de douane (minuscule), situé au sud de Frelighsburg, où l’on passera en cinq minutes… Puis vint l’abominable autoroute 20, un cauchemar d’ennui !

 

On revient quand ?

 

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Mont Mansfield, Vermont (États-Unis)

Le lendemain, direction le mont Mansfield qui, avec ses 1 339 m, constitue le point culminant de l’État du Vermont. Comme prévu, le soleil s’impose progressivement, et les quelques nuages bas se dissipent assez rapidement, après une nuit fraîche mais de saison (autour de 0 °C).

 

 

Partis de Stowe, il a fallu contourner la montagne avant d’arriver au départ du sentier, situé dans le Underhill State Park, côté ouest. L’occasion de traverser une partie de la campagne vermontaise, toujours aussi belle… En voici un petit aperçu.

 

 

Comme l’on pouvait s’y attendre, beaucoup de monde en bas de la montagne, et ce pour plusieurs raisons : le beau temps ; le long week-end férié (pour les Canadiens seulement) ; le pic de couleurs des arbres, à peine dépassé. Malgré ça, l’ascension fut très agréable.

 

 

On a pris le sentier nommé Sunset Ridge Trail, qui est la voie la plus classique pour atteindre le sommet.

À environ mi-chemin, seuls les conifères subsistent (on devine la démarcation) et, comme au mont Washington, on voit bien l’effet du vent sur la végétation – qui pousse couchée.

 

 

Reste la partie la plus pentue, où l’on peut apercevoir les petites fourmis qui gravissent les derniers hectomètres… Si si, regardez bien !

 

 

À quelques longueurs du sommet, la végétation a temporairement pris ses allures hivernales, en témoignent ces épinettes recouvertes de givre et sculptées par le vent.

 

 

Puis le sommet, après une pause casse-coûte bien méritée ! Visibilité exceptionnelle sur toute la région, du gigantesque lac Champlain, près de Burlington, au mont Washington, dans le New Hampshire.

 

 

Pour la descente, nous avons emprunté le deuxième sentier – le Laura Cowles Trail -, beaucoup plus pentu et accidenté que l’autre. Il y a une heure très raide, limite dangereuse, étant donné que le sentier est constamment glissant, à cause des cascades d’eau qui descendent du sommet de la montagne.

Ce qui est clair, c’est que je déconseille cette voie aux personnes peu en forme, aussi bien pour la montée que pour la descente.

 

 

En tout cas, ce fut une bien belle randonnée ! La refaire en raquettes serait sympa…

 

Suite et fin prochainement !

 

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